Pierre Teilhard de Chardin

Le choix du nom traduit l’ambition du projet : « Le père Pierre Teilhard de Chardin, jésuite français chercheur, paléontologue, théologien et philosophe (1881-1955) a porté sur les sciences une vision globale. De la même façon le Centre Teilhard de Chardin qui portera son nom embrassera les problématiques scientifiques, sociétales et environnementales dans une vision chrétienne », explique le Père François Boëdec, Provincial de la Compagnie de Jésus.

Pierre-Teilhard-de-Chardin_12Pierre Teilhard de Chardin, né en 1881 à Sarcenat, près de Clermont-Ferrand, est prêtre, jésuite, géologue, paléontologue et paléoanthropologue. Tout au long de sa vie, ce scientifique réputé, grand théoricien de l’évolution, a voulu unir la science et la foi. Basé en Chine entre 1923 et 1946, il parcourt le monde et fréquente les milieux intellectuels, scientifiques et philosophiques les plus variés.  Il meurt à New-York le 10 avril 1955, dimanche de Pâques ainsi qu’il l’avait souhaité.

Parmi ses ouvrages les plus connus  on peut citer deux textes spirituels majeurs : « La messe sur le Monde »(1923) et Le Milieu divin(1927). Dans son ouvrage « Le Phénomène humain » (1940) il signale la place, et donc la dignité, uniques de l’homme « axe et flèche de l’évolution ».

Un homme passionné

Quatrième de onze enfants, il reçoit de ses parents une éducation à la nature, au sens de l’histoire et du temps, ainsi qu’une profonde piété. Une quête de la « Consistance » l’anime. Il pense la trouver d’abord dans les pierres mais, paradoxalement, c’est dans la fragilité du vivant, mais d’un vivant en  évolution qu’il la trouve.

Il participe comme brancardier, à la Première guerre mondiale, refuse tout avancement pour rester auprès des hommes. Il est cité à l’ordre de la Division, de l’Armée, reçoit la Médaille Militaire puis est fait Chevalier de la Légion d’Honneur à la demande de son régiment.

Son œuvre scientifique de géologue et de paléontologue est reconnue par la communauté scientifique internationale. Une chaire au Collège de France lui est proposée, il ne pourra accepter. Il est élu en à l’Académie des Sciences en 1950.

Un chercheur de l’unité

Jésuite, le Père Teilhard pense pouvoir unifier sa double intuition fondatrice: la consistance de la matière et le Dieu révélé en Jésus-Christ. L’évolution va du plus simple au plus complexe et l’homme est la clé du processus de cette histoire Dieu crée le monde où l’homme peut Le rencontrer… L’unité se fait dans le mouvement, c’est une nouvelle approche de l’évolution de l’univers. L’individu n’est pas isolé, mais inscrit dans le cosmos.

Un mystique inscrit dans le Christ

Il a donc tenté, dans une synthèse et unique, de penser la place de l’homme et le sens du Christ dans l’univers en évolution. C’est une spiritualité d’abord christologique. Une vision élargie de la place et du rôle du christianisme. D’un Christ récapitulateur, alpha et oméga qui nous attend, si nous en faisons le choix.

Il fut souvent incompris de l’Eglise et en souffrit énormément, mais sa fidélité envers elle fut sans failles car il ne la dissociait pas du Christ. On retrouve en particulier dans son œuvre l’influence des Pères de l’Eglise, de Saint Paul et la spiritualité ignatienne.

Sa vie et son œuvre doivent être lus comme celles d’un chercheur, chercheur qui n’en serait pas un si il ne prenait pas de«  risques ». Et c’est au nom du Christ auquel il s’était donné sans retour qu’il le fit.

Marie Bayon de la Tour, secrétaire générale de l'Association des neveux du Père Teilhard de Chardin